
Miguel Nùñez Rauschert
« Peindre la couleur, la superposition et la transparence »
Le geste et la lumière
Originaire de Montevideo (Uruguay), Miguel Nuñez Rauschert grandit dans les couleurs avant même de les nommer. Tout enfant déjà, à l’atelier des Arts Visuels de sa ville natale, sa main cherche la matière — un instinct qui ne le quittera plus. À dix-neuf ans, l’appel de la formation le pousse vers Buenos Aires et La Plata : neuf années d’apprentissage rigoureux aux Beaux-Arts argentins, où le jeune peintre affine son regard tout en commençant, seul ou aux côtés d’autres artistes, à montrer ses premières toiles.
C’est à Paris, ville mythique et désirée, qu’il choisit de s’installer en 1982. Il y mène de front deux vies : celle du peintre en quête perpétuelle, et celle du pédagogue, transmettant son savoir aux ateliers du Carrousel du musée des Arts Décoratifs. Cette double vocation — créer et enseigner — irrigue toute son œuvre d’une exigence particulière, celle de qui doit sans cesse interroger son propre geste pour mieux le partager.
Son rayonnement dépasse vite les frontières françaises. Ses toiles voyagent jusqu’à Madrid, Londres, Miami, Washington, Beyrouth — autant d’escales où sa peinture trouve un écho. En 1996, retour symbolique en Argentine : il expose au Centre Culturel Recoleta, l’un des foyers artistiques les plus vivants de Buenos Aires, tandis que la galerie Praxis présente également ses œuvres. Puis vient 2002, année d’émotion particulière, où le Ministère de l’Éducation et de la Culture uruguayen l’invite à exposer pour la première fois dans sa ville natale, Montevideo — la boucle se referme, l’enfant de l’atelier des Arts Visuels devenu peintre reconnu chez lui. En 2003, la foire internationale Art Miami accueille son travail sous l’égide de la galerie Dialogue ; en 2007, Londres lui offre sa première exposition personnelle, à l’Institut Cervantès.
Mais au-delà du parcours, c’est dans l’atelier que tout se joue. Ce sont les couleurs qui donnent à l’œuvre de Miguel Nuñez Rauschert ses ferments d’énergie. Avec une palette particulièrement riche, le peintre travaille la matière au couteau, superposant les couches à même la toile, les grattant pour en obtenir des transparences subtiles. De la matière surgit la lumière, nimbée de sensualité — comme si chaque toile portait encore, sous ses strates de pigment, la mémoire de tous ces voyages : Montevideo, Buenos Aires, Paris, et les villes du monde entier où son regard a trouvé refuge.
